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Le tour du monde en 20 questions...
20 questions pratiques (ou pas… !) à se poser avant de partir à l’aventure…
1- Un tour du monde, c’est quoi ? Un tour du monde, ça peut être un sac à dos qui crapahute sur toutes les routes les plus cabossées d’Asie et d’Amérique latine, dormant sur un banc, ou sous un cocotier, plein de poussière et de saleté… Un tour du monde, ça peut être une valise à roulettes, toute proprette, passant d’une soute d’avion, au coffre d’un taxi puis au dressing d’un grand hôtel… Un tour du monde, ça peut aussi être tout plein de choses au milieu…
Le mien, par exemple, était un mix : - mix de poussières (celles des pistes à peine praticables des steppes mongoles, des villages himalayens ou des soutes de bus brinquebalant en Terre de feu) et de paillettes (paillettes de maquillage – ben oui, je revendique mon statut de fille tout de même ! -, paillettes de soirées, ou paillettes de carnaval) - mix de conforts (du confort très très relatif d’un matelas de 3 cm d’épaisseur installé dans la poussière d’un couloir à Singapour au dorlotage douillet de la maman de Sally, mon ancienne collok australienne, que j’ai retrouvée à Sydney !) - mix de goûts (du « gloubi » mongol – sorte de fromage à la faisselle destiné à transformer ton estomac en passoire si tu ne l’as pas vomi avant ! – aux spécialités culinaires raffinées des restaurants balinais, en passant par les quelques cours de cuisine que j’ai pris en route !) - mix d’expériences (expériences fort enrichissantes des jours sans douches, des moments de galères interminables et des heures passées à crapahuter, perdue sous le poids des sacs, à la recherche d’une chambre pour la nuit…aux soirées concerts à Kuala Lumpur, ballets à Moscou, ou aux après-midi Spa en Nouvelle-Zélande !)
Un tas de mix qui correspondaient à mon état d’esprit du voyage … L’essentiel, finalement, dans un tour du monde, c’est de réfléchir, bien avant le départ au type de voyage et d’expériences que tu attends. D’y réfléchir longtemps. Et de le faire honnêtement, sans être conditionné par les racontars de tel baroudeur du dimanche qui essaie de t’impressionner, ou le blog d’un aventurier hors normes…
La définition du voyage détermine pas mal de choses : du budget au bien être global pendant le parcours !… Inutile, du coup, de se forcer à jouer le baroudeur de l’extrême si ça ne te correspond pas : le rôle risque de ne pas être tenable très longtemps, les doutes peuvent être risqués… Surtout seul, pendant aussi longtemps, à l’autre bout du monde !
Par ailleurs, autant préciser qu’un budget « baroudeur-de-l’extrême-qui-dort-sous-les-cocotiers-ou-dans-les-gares-ne-fait-jamais-d’extra-et-ne-se-nourrit-que-de-pâtes-aux-insectes » est clairement incomparable avec un budget « fille-qui-dort-à-l’économie-mais-ne-se-refuse-pas-un-bon-repas-ou-un-peu-de-shopping-ou-une-soirée-theatre-de-temps-en-temps »…
Voilà voilà !Tout est question de style !…
2- En tour du monde, tu dors où ? En auberge de jeunesse, principalement… En dortoir, plus précisément !
Le nombre de lits peut varier (entre 4 et 12…la fourchette est large !), la qualité aussi (entre les usines à back packers, les taudis à peine salubres ou les chalets hyper cosy, il y a de quoi se réserver de belles surprises de voyage rien qu’en termes d’hébergement !) Alors, c’est sûr, il vaut mieux savoir dormir avec des boules Quies profondément enfoncées dans les oreilles (ou, au choix : avoir l’ouïe déficiente pendant le sommeil ;-))… Parce que le concept, c’est un peu la 5èmeB du collège Jules Ferry, qui serait partie en classe de neige en oubliant ses profs.
Bilan : - un souk monstrueux dans le dortoir (petit conseil, ne trop étaler ses affaires, sous peine de ne les retrouver qu’après des heures de fouilles archéologiques dans le tas de sous-vêtements de la voisine allemande, ou des chaussettes sales du gros danois du lit du dessus !!) - …et un fond sonore à masquer un 747 à l’atterrissage : entre celui qui ronfle tellement fort que ça en paraît irréel, celle qui râle, du coup, parce qu’elle ne peut pas dormir…, ceux qui rentrent, tout joyeux, de leur prolongement de soirée…et ceux qui se lèvent et font leur sac, à 4h du matin, pour aller attraper un bus ou un avion
Les bons côtés, par contre : - le prix, indéniablement ! (à peu près moitié moins cher qu’une chambre individuelle…) - l’ambiance…ben si ! parce qu’au lieu de se retrouver seul(e) dans une chambre, sans amis ni rien, autant partager ronflements, bouts de lavabo, et porte-manteaux à plusieurs ! Ca rapproche, mine de rien !...
Evidemment, ces considérations ne s’appliquent pas à ceux qui auraient décidé de voyager en couple : le dortoir est quand même très inadapté niveau intimité !...même si ça ne paraît pas toujours en déranger certains J’ai ainsi eu le droit, à plusieurs reprises, à des couples partageant le même lit, au milieu de dortoirs de 8-10 personnes !! Insensés !
A savoir, par contre : dans la plupart des auberges, des chambres doubles sont disponibles, parfois même avec salle de bain intégrées…
Question annexe : les adresses des auberges de jeunesse, tu les trouves comment ? Dans mon guide !
J’ai constamment voyagé avec le Lonely Planet, qui répertorie, pour chaque destination, un panel d’hébergements disponibles, classés par budget, et avec un ptit descriptif histoire de se faire une idée…(Ca marche avec le Guide du Routard, aussi…mais, pour des raisons pas forcément très objectives, je préfère le LP ;-))
Evidemment, il y a toujours le côté un peu suspense des adresses qui ont disparu depuis la parution du guide (même si les LP sont réédités assez régulièrement), les 20% en moyenne à rajouter à chaque tarif précisé…mais ca reste une bonne indication !
Question annexe bis : tu réserves ? Réponse : non ! Généralement, je commençais à passer en revue les adresses d’auberge dans la demi-heure avant d’arriver à destination. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas envie de tout planifier, parce que je préférais me laisser l’opportunité de changer au dernier moment, pour trouver mieux, ou pour rejoindre d’autre voyageurs rencontrés en route…Forcément, ça comporte une petite part de suspense : j’ai parfois eu droit à des « non, désolés, nous sommes complets »…et à des sessions marathon pour repartir à l’autre bout de la ville trouver un lit disponible !...
Pour être honnête, je précise que j’avais quand même réservé ma première nuit de voyage dans une auberge à Rio, histoire de ne pas partir sur de trop mauvaises bases… ;-)
Au final, pas mal de suspenses et des surprises (bonnes ou un peu moins) sur la ligne « Je fais dodo où ? »…mais ça fait partie du voyage, non ? ;-)
3- Un tour du monde, tu organises ça comment ? Honnêtement ? Rapidement, très rapidement, même ! Le point clé reste la décision ; une fois que tu es certain de partir, le reste s’enchaîne très vite.
Bien sûr, il vaut mieux réfléchir à ne rien oublier. Moi, j’avais fait, 3 mois avant mon départ, une liste décomposée en tous petits items de toutes les choses dont il fallait s’occuper avant le départ, plus un « rétro planning » des dates clés (oui, au moment de la préparation, j’étais encore bien influencée par mon ancien job de consultante ;-))
Petit résumé : (Pour plus d’infos, ne pas hésiter à faire un tour dans la rubrique : « En pratique, on fait quoi quand ? ».) Une fois le projet et le type de voyage définis globalement (quel type de transport ? est-ce que je me donne une « règle » du jeu- genre tout faire en vélo, sans avion, à pieds, ou autre- ? quels standards de confort ?), il faut jouer sur deux fronts :
- le front « Ce qui se passe en France quand je ne serai pas là » - et le front « Voyage » (voire, éventuellement, pour les prévoyants…ou les stressés, le front « Ce qui se passe à mon retour », mais là, c’est nettement plus délicat !)
Globalement, sur le sujet « Ce qui se passe en France quand je ne serai pas là », il faut envisager de répondre aux questions suivantes : - que faire de mon appart ? mes meubles ? mes cartons ? mon chien ? mon lapin ? mes plantes vertes ? ma voiture ? (bref, à décliner avec toutes les possessions envisageables ;-)) - comment vais-je payer mes impôts (remplissage de déclaration d’impôts, budget, et mise en place d’un paiement par prélèvement) ? - quand et comment résilier mes abonnements (edf, internet, téléphone, et autres) ? - en cas de problèmes, qui pourra intervenir pour moi (ex : procuration sur les comptes bancaires, pour la réception de courrier recommandé, etc…) ?
Quant au sujet « Voyage », là, les questions tournent plutôt autour : - des destinations (quelles destinations, dans quel ordre…Pour moi, très facile d’y répondre : j’ai tout choisi parce que les noms me faisaient rêver…et j’ai ajusté sur place, aux hasards de mes envies ! Certains, en revanche, préféreront laisser moins de place à l’imprévu…) - des transports (avions, trains ? quels billets, quand acheter, comment acheter ?…) - du budget - de la santé (et de la protection type mutuelle, assurance, etc…) - des visas - du matériel…
A condition de répondre à toutes ces questions un peu sérieusement et avec un peu de méthode, la préparation est finalement hyper rapide et hyper facile.
Pour quelques pistes sur les réponses que j’avais apporté à ces questions, voire les rubriques correspondantes : budget, matériel, etc…(Attention : ces réponses sont toujours étroitement liées à ma vision du voyage et à mon contexte de départ…elles ne correspondent pas forcément à tout le monde, évidemment !)
4. En tour du monde, tu fais comment pour trouver tes bons plans : organiser un trek, un rando à cheval, etc… ? Facile ! Très facile, en fait ! La première piste, c’est le guide de voyage : j’avais choisi de faire confiance à LA bible du baroudeur backpacker, LA collection qui accompagne 80% des tourdumondistes …le Lonely Planet (LP pour les intimes ;-))
Il y a aussi le Guide du Routard…Un inconvénient (ou avantage ?) : il concentre tous les Français au même endroit ! Tu peux être certain que si, dans une auberge de jeunesse, ou un resto, tu rencontres pas mal de Français, c’est qu’il est indiqué dans le Guide du Routard… A l’inverse, le LP, parce qu’il est australien, concentre un grand nombre d’Anglo Saxons…à chacun de faire son choix, donc ;-)
Il y a tout plein de guides disponibles, en fait…Mais je ne me lancerais pas dans une étude comparative, je ne les ai pas assez feuilletés !
Pour ma part, je trouvais le LP bien plus « fun » et plus pratique que le Guide du Routard, j’y suis donc restée fidèle tout au long de mon voyage… (A noter : il est blindé de bonnes petites blagues en anglais…moi, ca m’a bien fait marrer !…et puis, régulièrement, il présente des petits encarts avec des digressions bien sympathiques sur le pays, la culture, l’histoire…sans compter la trentaine de pages introductives au pays, au début de chaque guide, qui te servent de livre de chevet, fort intéressant, faute d’autre chose !)
Bref, le LP, parce qu’il est écrit par des backpackers à destination d’autres backpackers présente, pour chaque destination :
- les bonnes adresses (hébergements, cafés, restos, mais aussi théatres, salles de concert, boites de nuit et autres…) avec une indication de budget - les activités à ne pas rater (ca finit par faire sourire ces listes spéciales backpacker…toutes pleines de clichés…mais bon !) - des indications de transports (numéros de bus, train ou métro à prendre pour aller vers telle ou telle destination fût elle proche ou éloignée !)
Une vraie bible, quoi ! (Pour ceux qui se posent des question pratiques : - il existe des LP agrégés (exemple : un livre pour toute l’Amérique du Sud, ou un autre pour l’Asie du Sud Est)…et des LP par pays (moi, j’avais choisi cette option, histoire d’avoir plus d’infos… et notamment, plus de pages culture, histoire, etc…) - évidemment, on ne part pas avec la totalité des guides dans le sac à dos (pour ma part, j’ai pris le premier en France…et acheté tous les autres dans des aéroports.)
Le LP est à compléter avec : - les renseignements disponibles en auberges de jeunesse : dans beaucoup de pays, ce sont de vraies « agences » de voyage, qui parlent anglais (forcément !) et ont tous les moyens pour te proposer, voire organiser à ta demande(moyennant qq ptites finances, évidemment !) un trek dans la région, ou une sortie théâtre, ou un cours de danse locale !… - les autres voyageurs, de vraies mines d’infos locales (ou sur tes prochaines destinations…)
Bref, la règle, c’est de papoter : il y a toujours un bon plan en préparation quelque part ! (Attention, cependant aux plans foireux de voyageurs un peu naïfs ou peu scrupuleux : si on vous propose comme aventure de votre vie, de passer la frontière indo-pakistanaise de nuit à la lampe torche, il vaut ptetre mieux réfléchir ;-))
5. Comment tu finances ? Ils viennent d’où, tes sous ? Bonne question !
A première vue, je pense que, si j’avais pu, j’aurais essayé de voyager juste après l’obtention de mon diplôme, juste avant d’entrer dans la vie active…ou bien comme les anglais, les australiens, ou les néo-zélandais, qui font une « gap year » juste après leur bac…
Seulement voilà : je n’avais pas les moyens, mes parents non plus ! Et à la réflexion, je pense que ça vaut bien mieux ainsi ! Il faut imaginer la satisfaction immense que l’on ressent parfois, en plein milieu de la Patagonie, à se dire « c’est moi, et uniquement moi qui me suis permis d’être ici ! »…(oui, au beau milieu de la Patagonie, on peut avoir des accès de narcissisme très poussés, je confirme ;-))En tous cas, de mon point de vue, arriver à financer seule mon tour du monde, ça fait une vraie différence !!… Evidemment, vous me direz : il faut avoir les moyens ! Certes...Pour ma part, j’ai travaillé 2 ans comme consultante à Paris, avant de me lancer : un bon salaire, une vie pas outrageusement dépensière…et, en deux ans, je disposais d’un bon budget me permettant non seulement de partir, mais aussi (très important pour moi !) d’assumer mes petites envies en voyage ! Et puis, aussi, accessoirement, d’une petite marge me permettant d’assumer ma vie après le retour en France, sans avoir à dépendre de qui que ce soit !
La gestion du budget est hyper personnelle, je ne saurais trop donner de conseils.La seule chose qui me paraît essentielle est de s’assurer que l’on part dans de bonnes conditions :1- avoir défini ce qu’on attend du tour du monde et s’assurer que le budget correspond : à mes yeux, ça ne sert à rien de faire croire qu’on pourra se serrer la ceinture tout le temps si l’on sent pertinemment au fond de soi que ça ne nous correspond pas ! Autant raccourcir le temps de voyage… ! Il vaut mieux être honnête avec soi même ! N’est pas baroudeur de l’extrême qui veut… Pour ma part, je savais que j’arriverai à faire de bons compromis sur le confort au quotidien (ex : dormir dans des aéroports, ou des bus)…mais que je ne saurais pas résister à des petits achats, ou des bons repas…J’ai donc inclus une marge conséquente dans mon budget spécifiquement dédiée. Au cours de mon voyage, en revanche, j’ai rencontré tout plein de gens, qui, par choix, ou par contraintes budgétaires, semblaient s’imposer énormément de restrictions : pas d’écarts, pas de repas inconsidérés, pas de visites de musées, très peu d’activités originales et encore moins d’achats, pas de soirées type concerts, ou spectacles…Ca ne me correspondait pas… A chacun de trouver son équilibre dans un voyage !2- s’assurer qu’on dispose d’une marge. Partir avec tout juste les sous correspondants au budget me paraît périlleux (notamment en cas d’imprévus, d’accidents, etc…). La marge pourra par ailleurs servir à continuer le voyage (virus très fréquent chez les tourdumondistes ;-)) ou à assurer quelques temps de répit avant de se remettre à travailler, une fois de retour.Attention : j’ai bien conscience que ma vision du financement et du budget est bien luxueuse (elle est nécessairement très liée au salaire dont je disposais avant de partir). Elle est donc ultra personnelle.
Et puis, dans d’autres conditions, j’aurais probablement eu un autre discours ! D’autres, en tous cas, n’auront pas le même confort : ils sauront tout aussi bien partir et faire des choses extraordinaires, avec de petits moyens ! 5. En tour du monde, au fait, tu emportes quoi ? Tu pars faire un tour du monde…ok ! Tu pars pour 7 mois…ok ! …mais t’emmène quoi là bas …? Tout…enfin, j’aimerais bien !
Je rêve de pouvoir emmener ma panoplie de petits t-shirts, mes 3 maillots de bain et toutes ces petites robes, qui n’ont plus vu le soleil depuis que je me suis installée dans la grisaille parisienne… Je rêve d’emmener la collection de livres que je n’ai pas eu le temps d’ouvrir tout le temps que je travaillais…pour une fois que je vais enfin avoir pléthore de temps pour moi ! ...Je rêve d’emmener tous ces objets de confort qui font ma vie d’ici et dont j’imagine à peine pouvoir me séparer…
D’accord, d’accord…Aucun problème ! Seul impératif : tout doit rentrer dans un sac à dos de 50L !!
J'ai comme l'impression qu'il va falloir que je me limite! Et de fait, j’ai du bien me limiter…
Pour en savoir plus, allez faire un tour dans les rubriques Matériel : http://lemondedesissou.top-depart.com/page-libre-materiel-liste-recap-1259.html 6. En tour du monde, tu ne te sens jamais trop seule ? Si parfois ! Parfois plus que d’autres, même, les jours de grosses fatigue, de grosse galère, ou de grosse déprime !… Les jours comme ça, où tu croises 5 familles et 3 couples d’amoureux qui se tiennent par la main !…
Bref, choisir de partir seule, forcément, c’est aussi choisir d’assumer sa solitude !…
Bon, pour être honnête, on n’est jamais vraiment seule : à dormir dans un dortoir de 6 à 12 personnes chaque nuit, à rencontrer des jeunes en voyage en continu, ça serait bien le diable, si on en trouvait pas quelques uns sympas pour parler avec… Sauf que voilà, évidemment, impossible de se leurrer : ça reste des rencontres de passage, croisés pour un ou deux jours…et même si les échanges sont forts, ça n’est pas la famille, ni les amis…et encore moins l’amoureux !
Alors, oui, je me suis sentie seule…et oui, j’ai dû trouver les moyens de « remonter la pente » dans ces moments là !Le bon côté des choses, c’est qu’on fait meilleure connaissance avec soi même, ses attentes, et ses propres méthodes de réconfort…Pour ma part, j’avoue que dans ces moments de solitude : un grand coup d’optimisme, et hop ! j’essayais d’aller motiver des gens pour une soirée, un resto, ou même un repas en commun à l’auberge de jeunesse !
On est tellement à voyager seuls que ça finit souvent en un dîner international bien sympa ! Et quand ça ne marche pas, rien n’interdit de penser à l’avenir, d’imaginer ce que sera la vie au retour, etc… Ca n’est pas parce qu’on est un baroudeur de l’extrême qu’on ne peut pas s’autoriser à rêver d’un chez-soi familial confortable ;-o)
7. Et sinon, tu n’as jamais eu trop peur ? Honnêtement ?…Si ! Plusieurs fois, même : face à des conducteurs de taxis peu scrupuleux, ou seule, perdue de nuit dans des rues sombres… Il y a plein d’occasions d’avoir peur, il faut être honnête ! Surtout pour une fille seule.Ma méthode, à moi, c’était de rester organisée et rationnelle.Organisée : j’avais pensé une fois pour toute à ce qui me paraissait le plus indiqué pour éviter les vols (sac à main toujours en bandoulière pour éviter qu’il ne me soit arraché, toujours très fermé et toujours devant, pour éviter qu’il soit ouvert à mon insu, sacs à dos toujours attachés à moi quand je somnolais dans les gares ou les aéroports, argent, appareil photo et papiers toujours bien cachés au fond de mon sac). Et je tâchais le plus possible de me plier à ces « règles ». Résultat : aucun vol à signaler ! (bon, évidemment, il y a toujours unf acteur « chance » non négligeable…mais, c’est bien connu dans le milieu des backpackers, bon nombre de vols surviennent lors d’une inattention) …Rationnelle : on se fait souvent peur toute seule, à se construire des scénarios catastrophes irréalistes. Certes, une fille seule risque parfois gros…C’est comme ça. Je n’allais pas lutter, ni me limiter dans mes activités. Je tâchais, forcément, de rentrer le moins possible seule tard la nuit, mais ça m’est arrivé quand même… J’essayais de ne pas trop traîner dans les endroits qui craignent, mais ça m’est aussi arrivé… Je m’efforçais de ne pas porter de tenue trop sympathique aux yeux masculins, mais ça n’a pas freiné les attentions de certains… Alors j’ai fait de mon mieux : en gérant chaque situation au cas par cas, et en essayant de ne jamais paniquer.
Au conducteur de taxi qui commençait à m’emmener loin de la grande route, j’ai ainsi expliqué très posément qu’il risquait gros à jouer comme ça, et j’ai fait semblant d’appeler des amis avec mon téléphone portable (qui ne passait pas ;-)). Evidemment, il y a des situations difficiles, un peu tendues, et prêtes à basculer rapidement.
L’idéal, je pense, est de rester vigilante (pas question d’avoir trop bu : ça va de soi quand on voyage seul sans pouvoir faire confiance à qui que ce soit !), de ne pas paniquer et de réagir posément !Il est toujours temps d’avoir peur, après (perso, j’ai souvent tremblé après coup !!)
Bon, et forcément, d’avoir un bon facteur chance…(ou un bon ange gardien, comme dirait ma grand mère ! ;-))
8. Le retour, ça se passe comment ? Différemment selon chacun, je pense.
Evidemment, ça dépend en partie de ton état d’esprit au départ (partir par curiosité, partir pour oublier, partir pour changer de vie…).Ca dépend aussi de ta situation au retour (en couple avec un boulot qui t’attend…ou seul et sans perspective prévue). Et puis, évidemment, ça dépend pas mal du vécu du voyage, aussi : si tu as été frappé par une révélation bouddhiste, ou par le syndrome du « je suis backpacker de vocation, j’y retourne » ou autre…Pour en savoir plus sur mon retour, à moi, tu peux aller faire un tour sur les trois carnets de voyage écrits après mon retour : - Je me souviens : http://lemondedesissou.top-depart.com/france/a-la-maison/recits/Pres_de_trois_mois_apres__je_me_souviens___-24346.html - Le retour http://lemondedesissou.top-depart.com/france/a-la-maison/recits/Le_retour___-26640.html - Conclusion ( ?) http://lemondedesissou.top-depart.com/france/a-la-maison/recits/Conclusion____-26641.html
9- C’est vrai qu’on rencontre beaucoup de monde ? Oui, et mille fois oui ! C’en est même hallucinant !
Pourtant, au départ, j’étais sceptique !…on me l’avait dit, et répété avant mon départ ! T’inquiète, en voyage, tu n’es jamais seule, tu rencontreras tout plein de gens… Je n’y croyais qu’à moitié. Un : je ne suis pas de celles qui sont capables de traverser une rue pour interpeller un inconnu histoire de voir si je peux m’en faire un ami. Deux : je ne me trouvais pas hyper intéressante pour un éventuel baroudeur tourdumondiste curieux de me faire la conversation…Et pourtant ! Dès l’avion vers le Brésil, j’avais déjà deux numéros de téléphone en poche, et une invitation.Le lendemain, j’avais fait la connaissance de 10 personnes qui m’emmenaient, quelques soirs plus tard, faire la fête dans les rues de Rio !…Incroyable !
Et c’est comme ça que je me suis aperçue que, avec ton gros sac à dos de rando sur le dos, et ton air d’occidentale paumée à l’autre bout du monde, tu étais immédiatement intégré dans la grande famille des tourdumondistes et autres tourd’amériquedusudistes…(et yen a !) Il suffit d’ailleurs d’être deux backpackers dans une gare routière perdue au fond de la pampa pour obtenir les deux meilleurs amis du monde…pendant 2 jours ! Et oui, c’est un peu ça, le secret ! A part quelqu’uns, avec qui tu auras des affinités avérées, la plupart ne sont que des rencontres de passages, qui embellissent la soirée, t’accompagnent en rando, ou t’invitent à faire la fête…mais rien de plus…L e tout est d’être souriant, sans attentes particulières, sans attaches particulières…et l’alchimie se fait assez vite !
Quoique…au bout d’un moment, tu commences à faire le tri : assez de ces « djeuns » qui te paraissaient intéressants au départ, mais dont tu décryptes peu à peu le discours… Assez de ces « le monde est mon jardin », qui masquent un ego et une flemme sans nom… Assez de ces faux baroudeurs qui prétendent tout connaître de l’Asie ou du Brésil… Assez de ces backpackers qui se piquent d’avoir tout vu tour fait…et seraient presque blasés de la vie à même pas 30 ans !.. ;-) Bref, tu finis souvent par rêver de rencontrer des gens tous simples qui te raconteraient leurs trois jours de RTT en Bretagne ;-) 10- Si tu recommençais, tu changerais quoi ?... Joker! Je ne sais pas vraiment.Partir plus longtemps, peut être…quoique, quand ton amoureux t’attend en France, c’est plus difficile ! Passer plus de temps dans tous les pays, rajouter des destinations, indubitablement.
Pour le reste, je continue de réfléchir à la question ;-) 11- Un tour du monde, c’est mieux seul ou à plusieurs ? Seul, évidemment ! (enfin, seulE, pour moi… ;-))
Bon, en fait, je nuance … C’est probablement très beau de pouvoir partager cette expérience avec un copain, ou son amoureux…mais il ne faut pas se leurrer : - la gestion du quotidien peut vite devenir un cauchemar (c’est parfois déjà un cauchemar seul, alors à plusieurs, ça peut tourner à l’enfer !) - et puis, même si on prétend être hyper ouvert sur les autres, à deux, on est nécessairement moins accessibles, plus renfermés dans notre univers commun, nos envies, nos jugements communs et nos références.
Seule, j’étais plus abordable : je n’ai cessé de rencontrer du monde, dans les gares, les bus, les aéroports, les auberges de jeunesse (il faut dire que dormir dans un dortoir, aussi, ça aide pas mal)… Les rencontres se font toutes seules (un backpacker se reconnaît très vite : sac à dos, peau blanche, un ou deux coups de soleil ;-)). Et par ailleurs, il y a un côté marrant à comprendre cette nécessité, quand on est seul à l’autre bout du monde, à trouver rapidement chez l’autre, un « meilleur ami pour quelques heures » ! Très kitsch, comme sentiment, vu de mon salon, en France…mais très poignant dans une gare routière frigorifiée de Patagonie ! Seule, je faisais moins peur (ou j’étais plus « attendrissante », à voir) : beaucoup de gens (y compris des locaux!) se sont sentis encouragés à me parler, se confier, me montrer des choses… Seule, j’étais plus réceptive : je partais sans a priori, sans attente, et sans personne pour me rappeler mes références ou mon mode de fonctionnement habituel en France ! Et puis, sans personne avec qui échanger…Résultat, mon cerveau était tout entier à sa tâche d’imprimer les images, les impressions, les émotions…Bon, évidemment, seul, il faut aussi gérer la solitude, la peur et l’organisation au quotidien : on ne peut rien déléguer…Le bon côté, c’est que c’est une expérience on ne peut plus enrichissante ;-)Il faut aussi gérer l’après solitude : le moment où on retrouve de vrais amis, ou de la vraie famille…bref, plus des rencontres de passage ! Et quitter cet état d’ « auto-suffisance narcissique » qu’on se crée, naturellement, comme une barrière protectrice…pour établir une vraie communication pérenne avec l’autre ! Et bien, c’est loin d’être facile, croyez moi !Partir sans son amoureux ? Nombreux sont ceux qui n’arrivent toujours pas à le comprendre…Et effectivement, c’est (très très) risqué ! (à vrai dire, maintenant que je suis rentrée, je ne conseille vraiment pas…je ne suis pas certaine que tout le monde aurait la chance que j’ai eue d’avoir un amoureux qui attende 7 mois toujours aussi passionnément et sans aller voir ailleurs !!) En revanche, je ne regrette pas ! (suite dans le chapitre suivant)
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