Lundi 20 aout : le bonheur de se réveiller dans le train et de ne pas descendre en pleine nuit…le bonheur de faire une grasse matinée au son du « tchout tchout tchout » des wagons sur les rails (sisi ! bien sur que si, ils font ce bruit là les trains russes…on a le temps de le sentir passer le rail sous le wagon ! rien à voir avec le tgv qui vole avec sa vitesse supersonique ;-))
Petit déjeuner tranquille dans le wagon, en essayant de feinter notre voisin de compartiment, un père de famille russe, bien décidé à nous faire obéir à ses principes :
1- on ne doit pas petit-déjeuner sur nos couchettes du haut, il faut venir s’asseoir sur son lit, à côté de lui pour profiter de la tablette dédiée
2- on ne doit pas boire du thé sur nos couchettes du haut, là aussi, il faut descendre s’installer à côté de lui (je crois qu’il a peur pour son crâne…qu’il ne veut pas voir baptisé à l’eau chaude dès le petit matin)
3- on doit sortir pour qu’il s’habille ou se mette en pyjama suivant l’heure de la journée
4- on doit s’habiller ou se mettre en pyjama dans les créneaux qu’il a décidé pour nous et sa femme, qui, je dois bien l’avouer, est nettement plus obéissante que nous ! ;-)
Parce que nous, malgré cette avalanche des bons principes bien réglementés, on continuera à n’en faire qu’à notre tête, à boire notre thé confortablement installées sur notre lit, et à dormir toutes habillées ;-)
9h : on arrive dans l’une des 6 gares de Saint Petersbourg et on enchaîne, comme on le fait depuis si longtemps : métro-bus-recherche d’auberge de jeunesse-posage d’affaires-petites courses pour pique nique…et départ en trombe vers Tsarkoe Tselo, un superbe palais impérial dans la banlieue de Saint Petersbourg…
Même si les jardins sont décevants, tous en travaux et en reconstruction, reste que la façade du château est impressionnante…un vrai petit Schonbrunn russe !...(en bleu, par contre ;-))
L’intérieur est tout aussi splendide : succession de salles complètement restaurées, meublées, décorées et peintes pour redonner une idée de la magnificence des lieux…
Seul bémol : certaines salles –une bonne partie du palais, en fait ! – sont tout bêtement interdites aux étrangers, mais accessibles aux russes. Officiellement, c’est pour limiter le phénomène d’engorgement dans le château : certains groupes visitent la moitié gauche du château, d’autres la moitié droite…Reste qu’il est impossible de combiner les deux…et surtout, surtout, qu’un non russe n’a pas accès à la partie gauche du château…
Quelle méthode ! Je propose qu’on interdise dorénavant la galerie des Glaces à Versailles à tous les étrangers…On va se marrer !...Non mais !!!
Fin de journée à se balader dans le centre de Saint Petersbourg, sur la fameuse Perspective Nevski, cette grande artère centrale qui fait battre le cœur de la ville depuis ses débuts, à en croire le guide et les quelques lignes de littérature russe qu’on a eu l’occasion de lire dans nos longues journées de transsibérien !...
En tous cas, loin d’une promenade plantée, parcourue par des calèches et des carrosses, de beaux costumes et des chevaux hors de prix, aujourd’hui, elle ressemble plutôt à un concentré de débauche de société de consommation : enseignes de luxe et magasins plus populaires se mélangent au milieu de McDo et autres KFC…Et, de loin en loin, un théâtre, une cathédrale ou encore un petit pont….
21 août : il pleut, dehors…et dedans, Saint Petersbourg n’a plus d’eau chaude…On connaît la chanson !...Heureusement, cette fois, l’auberge de jeunesse a un système de chauffe-eau pour pallier à la carence…(euh, sauf que le chauffe-eau n’est installé que dans celle des deux douches qui ne ferme pas…alors c’est au choix : eau froide et porte ou eau chaude et risque de te retrouver toute nue devant ton voisin de dortoir ;-) !)
Aujourd’hui, on visite l’Ermitage, l’équivalent du musée du Louvres, en version russe…des milliers et des milliers d’œuvres d’art –dont tellement d’œuvres européennes que c’en est à se demander comment ils les ont obtenues !... – des salles splendides, et tellement de choses à découvrir que, 4 heures plus tard, les jambes flageolantes et le cerveau en grève, on décide de quitter les lieux pour se réfugier dans la bibliothèque municipale…
L’idée, c’est d’y passer une petite heure, à écrire nos carnets en échappant à la pluie battante…et puis, qui sait, peut être pourra t-on y trouver des ouvrages en anglais ou en français !...
Sauf que…pour rentrer à la bibliothèque, il nous faut un badge ! Et ce, même si tu n’as aucune intention d’emprunter un livre !!...Et nous voilà parties pour une demi-heure de remplissage de papiers (attention ! les papiers sont à remplir en russe, sisi ! en alphabet cyrillique… ! heureusement, la mamie à l’accueil parle plutôt bien français, et c’est elle qui remplira les papiers pour nous !...), de prise de photos dans un petit bureau à côté. Vu les moyens mis en œuvre, on commence à se demander si on ne va pas devoir payer des frais de dossier de malade !!...
Mais non (vive les vestiges du communisme !), faire des papiers, ici, ne coûte rien…et, on se voit finalement les heureuses propriétaires d’une carte de bibliothèque russe, et d’une petite feuille de route !...
Ah ben oui ! pas question de te lâcher dans la bibliothèque comme ça ! Ah non !! Une fois que tu as passé avec brio l’épreuve du tourniquet d’entrée (où le vigile essaie de te faire croire que c’est ton badge qui déclenche l’ouverture de la porte, alors que c’est lui qui s’efforce d’appuyer sur un petit bouton rouge d’ouverture en même temps que tu badges…), tu dois faire tamponner ta feuille de route à chaque salle que tu visites (et malheur à toi si tu mets du temps à comprendre le processus…les bibliothécaires sont relativement féroces ici ;-))
L’intérieur de la bibliothèque est tout aussi troublant d’ailleurs : un vrai dédale de couloirs, de tuyauterie rouillée, de portes cachées, des coins d’ombre partout, une salle parfois, au détour d’un escalier…on dirait les sous-sols du KGB
Aucun livre en rayonnage en plus, histoire de bien confirmer nos soupçons !...Où a-t-on débarqué ??? Tout le monde travaille sur des microfilms !...En fait, les livres doivent être préservés ailleurs, parce que ceux qui s’adressent aux bibliothécaires finissent quand même par revenir avec de vrais vieux livres…
Etrange ambiance !
Soirée et nuit agitées : tous les occupants de l’auberge de jeunesse – proprios compris- ont décidé de festoyer jusqu’à 7h du matin, ce qui nous donne une dernière occasion de profiter de l’intimité d’un dortoir, où tu peux profiter à loisir des ronflements du grand polonais ivre mort qui n’entend même pas son réveil, de l’odeur de la fille imbibée de cigarette ou du délire de l’allemand, qui a l’alcool désespéré et n’arrive pas à dormir…
Génial !
Le 22 août, il pleut encore, le matin…on aura une petite matinée, à se balader dans les rues de Saint Petersbourg. Pas moyen de visiter les jardins de l’Ermitage, tout est gris, tout est détrempé…Dommage !
On reprend le train vers Moscou à midi, après un changement express de gare : on s’était encore trompées…cette fois, avec assez de marge pour pouvoir se rattraper !!...Je déteste cette habitude sncf-iesque d’utiliser sur les billets de train les anciens noms soviétiques qui ne figurent plus dans les guides touristiques !! Comment on fait, nous, alors, qui n’avons que les nouveaux noms ??...Ben forcément, on se plante !...
Re-génial !! ;-)
8h de train pour rentrer à la capitale, 8h pendant lesquelles on sert de copines à une espèce de petite princesse à son papa qui nous scrute dès qu’on lui explique qu’il n’est pas question qu’elle fasse avec nous comme avec ses parents !...Exemple : t’as pas intérêt à gribouiller tes espèces de dessins tous moches sur mon carnet de route sinon ça va très mal se passer !!!...
Bizarrement, on a beau lui expliquer tout ça en français (ah ben oui, non, faut pas s’emballer quand même ! on n’est pas encore bilingues en russe ;-)), elle comprend parfaitement bien ! Mieux que le discours en russe de ses parents qui essaient de faire arrêter ses crises… !
Et à 23h, on se pose chez Heike, notre amie allemande à Moscou, avec qui on papote un peu…Grosse question de la soirée : est-ce qu’un voyage long (3 mois pour Marion, 7 pour moi), ça change une personne ?...et surtout, est-ce que ça nous a plu… ?
Je me demande encore ce qu’elle a retenu de nos réponses très divergentes… ;-) |